Prix artistiques de la Ville de Verviers

Henry Vieuxtemps (1820-1881)

 

 
   
 

Henry Vieuxtemps naît le 20 février 1820, dans une famille modeste, en Crapaurue à Verviers. Son père étant luthier, c’est tout jeune qu’il écoute cet instrument. Sa précocité est telle, qu’à quatre ans et demi, il sait déjà lire la musique. Le professeur Joseph Lecloux-Dejonc (1798-1850), de Herve, fondateur de la Société Royale d’Harmonie, l’initie au violon.

Âgé de sept ans, il donne un concert au Grand Théâtre de Verviers, interprétant le 5e concerto de Rode. Un ami des arts, Pierre de Thier, le soulève, en fin de concert, vers la foule des auditeurs qui l’acclame. Lors d’un passage à Anvers, se déroule une anecdote émouvante: rencontrant de Pouhon, fondateur de l’hospice d’Ensival, celui-ci offre au garçon un coq, oeuvre d’orfèvrerie. Reconnaissant, le jeune virtuose vint quelques jours plus tard dire au donateur: “j’ai fait chanter le coq”.

Il venait de composer “le chant du coq”. A neuf ans, il compose une contredanse pour la Société d’Harmonie et multiplie ses concerts. Mais une rencontre va influencer sa carrière ascendante: frappé par son jeune talent, Charles de Bériot (1802-1870) l’emmène à Paris et complète sa formation (1829).

En 1833, sa carrière de virtuose débute et dès 1836, il interprète ses propres compositions; il appartient à l’école romantique. A quatorze ans, il interprète, à Vienne, le concerto de Beethoven.

En 1843, il se produit à Gand, devant la reine Victoria d’Angleterre et nos souverains, le roi Léopold Ier et la reine Louise-Marie. Il parcourt alors le monde en poursuivant une carrière prodigieuse qui le conduit en Allemagne, aux Pays-Bas, à Vienne, où il publie ses oeuvres. Il connaît un succès prodigieux à Prague, Leipzig, Berlin et atteint des sommets à Moscou et à Saint-Pétersbourg, où il séjourne.

Il rentre à Bruxelles en 1840, est à Paris en 1841, où il rencontrera Reicha (1835-1836). Puis entame une tournée véritablement triomphale en Amérique (1844-1845). Par la suite, il devient professeur de perfectionnement au Conservatoire de Bruxelles (1871).

Le plus souvent destinée à la mise en valeur du soliste, l’oeuvre de ce violoniste et compositeur éminent est axée sur la virtuosité. L’oeuvre de Vieuxtemps englobe quelque 80 compositions écrites presque essentiellement pour le violon. De ses compositions nombreuses on retiendra surtout sept concertos très appréciés. Sa “Ballade et Polonaise” sera le cheval de bataille de son disciple Eugène Ysaye (1858- 1931). Il pratiquait également l’alto, le violoncelle et la basse de viole et affectionnait la musique de chambre. $

Hélas, une thrombose le paralyse partiellement, mettant fin à ses tournées. La mort le surprend le 6 juin 1881, chez son gendre à Mustapha-Alger, où il s’est retiré. Il repose au cimetière de Verviers, où ses cendres sont ramenées le 28 août 1881.