Prix artistiques de la Ville de Verviers

EDOUARD DERU (1875-1928)

 

 
   
 

Parmi les célébrités de l'école belge du violon, Edouard DERU fut l'une des plus sympathiques et des plus remarquables.

Né à Verviers, le 15 février 1875, il fut l'un des plus brillants élèves de l'école de Musique de sa ville natale. Après y avoir remporté toutes les distinctions, il se rendit à Bruxelles pour compléter ses études au Conservatoire dans la classe d'Eugène Ysaye dont il devint l'un des plus brillants disciples et ami.

En 1893, DERU remportait le 1er prix de violon avec distinction au Conservatoire Royal de Bruxelles et, deux ans plus tard, était engagé comme 1er violon solo au Théâtre de la monnaie où il laissa des souvenirs inoubliables. Sa place était par la suite toute indiquée au premier pupitre des Concerts Populaires Ysaye. Enfin, en 1897, il était nommé Konzertmeister au Kursaal d'Ostende.

DERU eut une brillante carrière comme virtuose et comme professeur. Il se fit acclamer dans toutes les villes du pays de même qu'en France, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre…, faisant triompher partout l'école belge du violon.

En 1906, Edouard DERU eut l'honneur d'être nommé professeur de violon de la Reine (alors Princesse Elisabeth de Belgique). Le Roi et la Reine, qui prodiguèrent de hautes marques d'estime à Edouard DERU, lui conférèrent le titre de « Violoniste de leurs Majestés le Roi et la Reine ».

Dès sa première tournée aux Etats-Unis, Edouard DERU remporta les succès les plus flatteurs. A New-York, il s'imposa au monde musical après ses récitals à l'Acolian Hall et il étendit son champ d'activités artistiques dans toutes les grandes villes des Etats-Unis.

A son retour en Belgique, Edouard DERU fut nommé professeur au Conservatoire Royal de Liège et y demeura quatre années. Puis il repartit pour l'Amérique et se fixa à San-Francisco où il jouissait d'une grande notoriété. Il y est décédé le 27 mars 1928 à l'âge de 53 ans.

« La mort d'Edouard DERU, a écrit Eugène Ysaye, est une grande perte pour l'Ecole Belge. De toute son âme, de toute la force de son talent, il s'était consacré à son Art. Il était toujours très sincère, juste et loyal et je perds en lui un ami dévoué et bon ».

Vincent d'Indy a exprimé « la profonde peine qu'il a éprouvée en apprenant la mort d'Edouard Deru, le cher camarade de sa jeunesse, le haut musicien qui fut toujours le propagateur et l’excellent interprète de la musique française ».

« Je ne saurais oublier, a écrit Alfred Cortot, les grandes joies artistiques que je dois à Edouard DERU ; tous ses camarades garderont pieusement sa mémoire comme celle d'un grand artiste et d'un parfait ami ».

D'Arthur De Greef : « Comme homme et comme artiste, Edouard DERU avait attiré toutes les sympathies et suscité toutes les admirations. Je garderai au fond de ma mémoire et de mon cœur le souvenir ému de ce musicien si noble, si délicat ; de ce grand artiste au cœur bon, généreux ; de cet ami à qui m'unissaient les liens de la plus sincère affection ».

Edouard DERU était Officier de l'Ordre de la Couronne; Chevalier de l'Ordre de Léopold. Chevalier de la Légion d'Honneur et décoré de divers Ordres étrangers.